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vendredi 11 janvier 2013

Le Drainage :

Le Drainage

réalité et utilité en médecine vétérinaire :

Parasitisme - Obésité et Cutané chez les Petits animaux

C’est Antoine NEBEL, homéopathe suisse de Lausanne qui a défini le premier la notion de drainage en homéopathie. Ceci faisant suite à des observations d’aggravations cliniques constatées après l’administration des doses homéopathiques de tuberculines.

Ces aggravations se manifestaient chez des malades en très mauvais état général et porteurs d’affections graves de tuberculose avancée, cancer. Il s’inspirait d’HIPPOCRATE et de PARACELSE.

 « Il faut être à l’écoute du corps malade et l’aider à éliminer les mauvaises humeurs dans la direction et par les moyens réclamés par la nature ».

Les homéopathes du début du XXème siècle pensaient également que les médicaments de drainage permettaient au médicament constitutionnel d’agir, chez les patients « épuisés » ou possédant des typologies particulières
Par exemple, un malade ayant un mal de tête caractéristique de Sulfur souffre d’une forte constipation. Si les organes d’élimination fonctionnent bien le mal de tête et la constipation disparaîtront seuls. Mais si l’élimination est entravée, le mal de tête et la constipation ne disparaîtront pas et pourront même être augmentés. D’où l’utilité des médicaments de drainage qui stimulent les fonctions d’élimination de certains organes cibles comme le foie, les reins, la peau.

Notre expérience clinique de vétérinaire homéopathe nous montre que les médicaments draineurs en thérapeutique homéopathique vétérinaire doivent être considérés comme des stimulants des fonctions hépatique et rénale chez les animaux qui présentent des ralentissements physiologiques souvent parallèles aux cycles biologiques, saisonniers ou annuels. Ils permettent également à certains médicaments régulateurs de terrain d’être plus rapidement efficaces.

Un bref rappel sur le rôle physiologique du foie permettra de comprendre pourquoi le drainage est non seulement une nécessité mais une réalité en médecine vétérinaire.


Le foie est une usine de fabrication, une usine de stockage, une plate-forme de régulation, un centre de tri, un départ d’élimination des déchets

Cette voie de communication très importante comporte :

une entrée : la veine porte qui apporte au foie toutes les molécules absorbées par le tube digestif

une sortie : les veines sus-hépatiques (qui déversent dans la circulation générale des produits du travail hépatique) et le canal biliaire (qui déverse dans l’intestin la bile chargée des déchets à éliminer).

L’oxygène est apporté par l’artère hépatique.

L’unité fonctionnelle est la cellule hépatique (hépatocyte).

Le foie gère les métabolismes glucidique, lipidique et protéïque :

dans le métabolisme des glucides il intervient sur la régulation du taux de glucose (pancréas) ;
dans le métabolisme des lipides il intervient dans le stockage (triglycérides), le relargage si besoin en énergie et la fabrication de lipoprotéines utilisées par les autres organes ;
dans le métabolisme des protéines il permet l’assemblage des acides aminés essentiels provenant de l’alimentation. La synthèse des acides aminés se fait au sein de la cellule hépatocyte. Le stockage des acides aminés excédentaires permettra la fabrication de glucose ou de lipide. Leur destruction libèrera de l’ammoniac dans le sang et mettra alors les reins à contribution.

La fabrication de molécules élaborées et utilisées par hépatocyte lui-même est déterminante dans les processus de coagulation, dans les réponses inflammatoire et immunitaire, dans le transport des substances diverses, telles les hormones. Cette fabrication ne peut se faire que si le foie est en bonne santé, et travaille régulièrement.

Tout excès alimentaire entraîne un surcroît de travail pour le foie :

Trop de sucre

Stockage glycogène
Trop de graisse

Triglycérides
Trop de protéines

Urée

Toute carence entraîne une fabrication compensatrice.

Voyons maintenant l’utilité de ce drainage dans 3 pathologies différentes : le parasitisme, l’obésité, la dermatologie.


1. Le Parasitisme


Les parasites sont toxiques à 4 niveaux :

Niveau “énergétique” : ils détournent à leur profit une (petite) partie de ce qui devrait profiter à l’animal ;
Niveau “intégrité organique” : les migrations larvaires sont traumatiques pour les « organes hôtes » et permettent la multiplication bactérienne dans les lésions créées.
Niveau système nerveux : ils émettent des toxines neurotropes qui entraînent des troubles du comportement aussi bien alimentaires (pica) que général (nervosité, irritabilité)
Niveau immunitaire : ils mobilisent les cellules de défenses alertées par leur présence constante et permettent ainsi des non-réactions lors d’invasions bactériennes. Et de ce fait la présence de parasites pénalise directement et indirectement le travail de la cellule hépatique.


Nous savons que le parasitisme est, quelles que soient les espèces :

Saisonniers : Automne / Printemps,
Et qu’il est nécessaire que la cellule hépatique soit saine, active et fonctionnelle, pour que l’animal continue d’être en bonne santé, prêt à se défendre face à une attaque bactérienne.

Par ailleurs, les molécules chimiques vermicides doivent être parfaitement décodées et éliminées pour ne pas induire de tolérance “immunitaire” chez l’animal.

Compte tenu de toutes ces connaissances physiologiques, pharmaco-dynamiques et immunitaires, voici comment on peut optimiser cette action importante d’élimination des parasites tout en respectant la biologie animale. Il faut associer vermifuge et drainage hépatique :

Drainage hépatique
J – 3
VERMIFUGE
J
Drainage hépatique
J + 3
3 jours
1 jour
3 jours
Lundi, Mardi, Mercredi
Jeudi
Vendredi, Samedi, Dimanche

Le foie ainsi préparé pendant 3 jours est propre et fonctionnel le jeudi pour décoder la molécule, puis l’éliminer pendant les 3 jours suivants. Les parasites tués seront facilement éliminés. L’animal reste alors sans résidus ni médicamenteux ni parasitaires et il ne peut y avoir d’induction de tolérance immunitaire.

 Les principaux médicaments de drainage utilisés dans la stimulation de la fonction hépatique : Taraxacum, Berberis, Carduus marianus, Chelidonium, Lycopodium, Solidago 3, 4 ou 5 CH.
Ces médicaments sont donnés dans l’eau de boisson 1 fois par jour pendant 1 semaine. Le vermifuge est donné au milieu de la semaine.

Chez les animaux d’élevage ou fortement parasités ,ou déficients sur le plan immunitaire , il sera alors judicieux  d’étendre , à tous les animaux présents , la totalité du traitement sur 2 semaines (1semaine avant la vermifugation et 1 semaine après). Il sera utile de compléter le schema thérapeutique par la prescription  de médicaments régulateurs de terrain, 1 fois par semaine en 5, 9 ou 15 CH, pendant 3 à 4 semaines de suite à chaque épisode de vermifugation, comme :

Sulfur, particulièrement indiqué si l’animal est facilement parasité, avec des récidives périodiques ou annuelles ;
Silicea si l’animal présente des signes de déminéralisation,de difficultés de cicatrisation,de frilosité;
Lycopodium si l’animal présente un appétit capricieux un ralentissement fonctionnel général  ou uro-hépatique (vieillissement diminution de tonus, désintérêt) ;
Sepia : intéressant à donner aux animaux castrés avec ont un ralentissement métabolique , troubles digestifs ou urinaires (chat), embonpoint et troubles cutanés (mycoses récidivantes) ;
Thuya sera donné préférentiellement à l’animal âgé, avec une peau malsaine et diminution de l’immunité, ayant eu de nombreux traitements anti-inflammatoires, antibiotiques ou hormonaux

En complément, 2 médicaments symptomatiques lésionnels et de tropismes parasitaires sont intéressants :

Phosphorus, à donner matin et soir pendant une quinzaine de jours - -   s’il y a des parasites hépatiques. (ex. : douve chez les ruminants,) 
- ou bien dans des pathologies d’hépatite aigues ou chroniques consécutives à du parasitisme : piroplasmoses, leptospiroses chez le chien et le cheval, 

Arsenicum album, à donner matin et soir pendant une quinzaine de jours dans les problèmes parasitaires intestinaux (colibacillose, coccidiose, … graves  chez les jeunes herbivores., ou le lapin ),


2. L’obésité


D’étiologie variable, alimentaire, hormonale, médicamenteuse, l’obésité est le signe d’un ralentissement dans la fonction hépatique principalement au niveau de l’élimination. Les erreurs alimentaires sont non seulement quantitatives mais souvent qualitatives et en relation avec un exercice physique quotidien insuffisant. Ceci est vrai pour l’humain et de plus en plus  pour les animaux de compagnie
Des pathologies secondaires (cardiaques, surrénaliennes, cutanées,…) viennent souvent compliquer le tableau.

Sur un plan biologique, les animaux sont programmés à prendre du poids en automne, afin de préparer l’hiver, et au printemps pour la femelle qui doit mettre bas.
Cette régulation physiologique à ces époques est souvent perturbée par la castration. Lorsqu’on est devant un animal obèse, qu’il est souhaitable de le faire maigrir, il faut d’une part modifier son hygiène de vie (alimentation diététique, exercice physique augmenté) et d’autre part administrer un drainage hépatique, pour obliger le foie à mieux travailler, mieux éliminer.

Commencer le régime à la fin de l’été, ou à la fin de l’hiver.

Lorsqu’on vise une amélioration du catabolisme lipidique et qu’on souhaite éviter le stockage, les médicaments de drainage les plus indiqués sont Pulsatilla 5 CH, Chelidonium 5 CH, 3 fois par jour tout le temps du régime, et Phosphorus 9 CH, 2 doses par semaine. Si l’on veut obtenir une amélioration de la fonction rénale dans le sens de l’élimination des toxines, préférer Taraxacum, Berberis, Solidago, en 5 CH, 3 fois par jour pendant tout le temps du régime.

Si l’étiologie de cette obésité est médicamenteuse (corticoïdes par exemple), il est important de donner Nux vomica 7 CH quotidiennement pendant 3 ou 4 semaines, et Thuya 9 CH : 1 dose par semaine jusqu’à ce que le chien ait atteint le poids idéal.

Les médicaments régulateurs de terrain sont souvent utiles et on retrouve Natrum sulfuricum 9 CH : 1 dose par semaine, complété par :

si l’étiologie est hormonale (castration, injection d’hormones anticonceptionnelles ou abortives) Sepia 9 ou 15 CH, 1 dose par semaine, jusqu’à ce que le chien ait retrouvé son poids de forme

si l’obésité est installée depuis longtemps Thuya 9 CH, 1 dose par semaine.

Ajouter si on a une « étiologie raciale » constitutionnelle (par exemple chez les chiens molossoïdes, grandes races) Calcarea carbonica 9ou 15 CH, 1 dose par semaine.


3. La dermatologie


80 % des troubles dermatologiques chez les animaux de compagnie ont pour origine les puces (cf 1er paragraphe). Cependant les problèmes dermatologiques peuvent également signifier une pathologie hormonale, allergique, ou un désordre métabolique.
Les lésions occasionnées par le grattage sont souvent surinfectées par des bactéries opportunistes. Cette pathologie au départ saisonnière devient présente sur le chien toute l’année.

Nous apprenons dans les écoles vétérinaires que les troubles cutanés chroniques chez le chien sont souvent le reflet d’une pathologie plus complexe appelée « syndrome hépato-cutané ».
En effet le foie est mis à contribution dans la gestion des parasites, des bactéries, dans les processus de cicatrisation, dans les syndromes allergiques, et dérèglements hormonaux et que ces déficiences de fonctionnement se lisent sur la peau du chien.

Le drainage hépatique doit alors chez ces animaux malades être systématiquement mis en place à chaque changement de saison principalement au printemps (anticiper la pullicose de la saison chaude) et en automne (anticiper le ralentissement du métabolisme hivernal, cicatrisation, chute de poils).

Les principaux médicaments de drainage à polarité cutanée sont à donner quotidiennement pendant 3 semaines au moins  aux changements de saison puis en entretien 1 semaine par mois : Taraxacum 4 ou 5 CH, Berberis 4 ou 5 CH, Chelidonium 4 ou 5 CH, Carduus marianus 4 ou 5 CH, Solidago 4 ou 5 CH, Lycopodium 4 ou 5 CH, Nux vomica 4 ou 5 CH, Hydrastis 3 ou 4 CH.

 Les médicaments de terrain suivants peuvent être donnés en doses 1 fois par semaine :

Sulfur 15 CH : en cas de récidive chaque été. On commence alors l’administration de Sulfur dès le mois d’avril-mai, jusqu’en octobre.
Thuya 15 CH : si des antibiotiques et des corticoïdes ont été donnés. Administration pendant 6 mois.

Les médicaments symptomatiques  sont recommandés, tels que :
Des antiparasitaires par voie générale, locale
Des médicaments lésionnels homéopathiques  Rhus toxicodendron (prurit,), Sepia  (lésions surinfectées des plis)
Localement, si besoin avec ou sans pansement, l’application de  TM antalgique, antiseptique et cicatrisante  Calendula TM,   ou Echinacea TM (qui est de plus immunostimulante localement )
Indications du Drainage (Quand, comment, combien de temps)


1/
Eclaircir le cas, attendre et réfléchir – faire un break entre des thérapeutiques allopathiques

Quotidiennement :
pendant 1 à 2 semaines

2/
Avant, pendant ou après :

- le vermifuge ………………………………………..

- les piroplasmicides ou des médicaments de leishmaniose..


Quotidiennement :

pendant 1 semaine

pendant 6 semaines au moins
puis en entretien au moindre signe de défaillance de l’état général de l’animal
pendant 1 semaine

3/
Remettre en état l’animal, pendant la gestation, la lactation (+ diététique, + hygiène).


Quotidiennement :
pendant 3 semaines

4/
En cures chez les animaux sportifs,



Les animaux âgés………………………………………….



Quotidiennement :
pendant 3 semaines avant le début de saison

aux changements de saison, 3 semaines
puis en entretien 1 semaine par mois

5/
- chez les PSORIQUES, pour favoriser les éliminations

- chez les SYCOTIQUES, pour réactiver le terrain


Quotidiennement :
pendant 3 semaines
par exemple : avant les prises de médicaments de terrain

6/
Très utiles et souvent nécessaires dans certaines pathologies :
Dermatologique, rénale, digestive, endocrinienne…


En appoint, quotidiennement,
en complément du traitement
(allopathique et/ou homéopathique)


Article rédigé par ma consœur homéopathe Marie Noëlle Issautier

Après avoir travaillé durant de nombreuses années chez Boiron, Marie -Noëlle est actuellement consultante en homéopathie.
De plus, elle est attachée de cours  à l’École Vétérinaire de Lyon

Marie -Noëlle est aussi l'auteur ou le co-auteur de nombreux livres d'homéopathie :

 



























Message de Marie-Noëlle Issautier

J'ai consulté ton blog qui est une vivante plate-forme d'échanges vivants sur l'homéopathie  BRAVO !
merci à toi d'alimenter cette flamme thérapeutique !

J'ajouterai.quelques précisions pour les livres :

 

 HOMEOPATHIE ET CHEVAL  (  PEKER ISSAUTIER ) est repris par VIGOT en 2013 et sera traduit en anglais et Bresilien

HOMEOPATHIE et LES RUMINANTS (ISSAUTIER) est réédité par France Agricole en Mars (avec remaniements au niveau de la présentation)

HOMEOPATHIE le CHIEN PEKER/ISSAUTIER)  n'est plus distribué par MARABOUt ;mais il reste des exemplaires chez BOIRON (20 Avenue de la libération STE FOY LES LYON) à peu près 500 exemplaires

Un nouveau livre"  HOMEOPATHIE pour Chiens chats et NACS " (pour les vétos) doit incessemment être publié par les Editions POINT VETO





***

2 commentaires:

Arnaud Veto a dit…

Pour tout commentaire ou demande de renseignements, allez au démarrage du blog arnaudveto.blogspot.com

Aucune réponse ne sera donnée ici!

Agnes Gardette a dit…

Bonjour Docteur,

Je vous remercie beaucoup pour ces indications pour Azmar. Est-ce que vous pourriez me dire ou je peux me procurer ce mélange de plantes pour mon chat ? y a t-il un laboratoire que vous recommandez pour ce genre de préparation pour animaux ? (mes recherches sur internet n'ont abouti à aucun résultat)
° Chardon marie + Fumeterre + Bardane en EPS
Merci encore
Agnès Gardette