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samedi 10 décembre 2016

 L'Alimentation du chat

 (par Delphine Bez)

 

 

 Mon matou est un expert en nutrition...

A la campagne où nous vivons, il chasse - pour les manger - rongeurs, oiseaux, lézards, petites grenouilles, insectes ! Sans moi, il survivrait ! Mieux, il ne souffrirait d’aucune carence nutritionnelle. Ce beau jaguar apprivoisé est comme le vôtre : le fier descendant de millions d’années d’évolution, de Félis Silvestre, à Félis Silvestre Catus, apprivoisé il y a moins de 10 000 ans : un carnivore, conçu par la nature pour prospérer en tant que prédateur.
Son organisme entier est adapté à ces exigences :
-une mâchoire conçue pour déchirer la chair (il n’a pas de molaires plates pour broyer)
-un estomac hyper acide (PH entre 2 et 4 chez l’homme, entre 1 et 2 chez le chat)
-un intestin très court (11 % du poids corporel chez l’homme, 3% seulement chez le chat !) et un transit rapide (12 à 24 h)
-des enzymes, et une flore intestinale adaptés à son mode d’alimentation

Quel est en détail le profil nutritionnel de l’alimentation du chat, à l’état sauvage ?


L’étude la plus aboutie semble nous venir de la Faculté de Médecine Vétérinaire d’Utrecht aux Pays Bas. En 2011, les Docteurs Esther A. Plantinga, Guido Bosch, et Wouter H.Hendriks ont compilé plus de 50 études différentes sur l’alimentation des chats féraux (chats vivant dans la nature sans interaction avec l’homme). (1)
Il en ressort que l’animal se nourrit à 78 % de petits mammifères, 16% d’oiseaux, et 6 % de reptiles, petits batraciens et insectes. (Cela vous rappelle quelqu’un ?)
En moyenne, ces proies sont constituées à 69,5 % d’humidité.
En pourcentage de la matière sèche, le profil nutritionnel est le suivant :
Protéines: 62,7%
Lipides : 22,8%,
Cendres: (minéraux) 11,8%
Glucides: 2,7%

Les premiers Félis Catus souffraient-ils d’insuffisance rénale, d’obésité, de calculs ou de cancers comme leurs descendants ? Que s’est-il passé ? Le changement d’alimentation est-il en cause ?

Que contient votre aliment industriel ?

L’analyse nutritionnelle de votre aliment industriel est-elle claire sur l’étiquette ?
De toute évidence, non. Commencez par chercher le taux de glucides : vous ne le trouverez pas ! Il faut le calculer… C’est une soustraction très simple :
100 - % de protéines - % de lipides - % de fibres - % de cendres - % d’humidité.
= % de glucides.
Trouverez-vous un profil nutritionnel semblable à celui évoqué ci-dessus, et conçu par mère nature ?
Voici l’analyse d’une croquette au poulet pour chat adulte de la marque X. dont le slogan est :
« Votre chien et votre chat sont avant tout des carnivores. »
Protéines: 31%
Lipides : 16%,
Cendres: (minéraux) 8%
Humidité 7%
Fibres 3%
Calcul fait, le taux de glucides est de … 35% !
Comment passe-t-on de moins de 3 % de glucides dans l’alimentation naturelle du chat, à ces taux faramineux ? Dans la nature, les seuls glucides sont ceux ingérés par la proie, présents dans l’intestin, ils sont prédigérés. Ou encore le glycogène contenu dans le foie ou les muscles. Notre Félis Catus n’est pas conçu pour mâcher, ni digérer des céréales, féculents, ou légumes. Son organisme ne produit pas les enzymes nécessaires à leur bonne assimilation. Il est spécialisé, c’est un carnivore strict.
Deux mots qui sont mal compris de tous :
- carnivore
- strict.
Les croquettes prises pour exemple sont dans la norme de ce qui est fabriqué aujourd’hui. Pire, la marque se targue d’offrir un aliment « respectueux du chat », puisque « sans céréales ». A la place, on trouve… des patates ! Le courant récent du « sans céréales » n’est pas tout. Souvent, l’on trouve en remplacement d’autres glucides, riz, tapioca, pois, de la luzerne… Les pâtées ne sont pas épargnées.
Notre belle panthère, nourrie comme les poules, au maïs, est-elle aussi devenue omnivore, ou bien un ruminant ?
Les raisons de la présence des glucides sous toutes les formes sont nombreuses : Ils remplacent, dans le ratio, les protéines, qui coûtent plus cher ! Mais ils sont aussi indispensables à l’agglomération de la croquette industrielle. Un fabricant allemand bien intentionné a réussi à descendre à 3% ! C’est une rareté…
De toute évidence, le chat ayant à courir et chasser pour sa nourriture ne tire pas son énergie des glucides ! Sans quoi, l’espèce ne serait pas arrivée jusqu’à nous. Alors, imaginons notre chaton couché sur le radiateur, gavé à 35 % de glucides inutiles… Sa source d’énergie, sont les protéines et les lipides.
Bien sûr, un chat peut aimer nous chiper une pomme de terre, ou un morceau de pain, il n’en tombera pas malade… Comme un enfant aime les chips, cela n’en fait pas pour autant pour lui un aliment adapté. Les glucides dans l’alimentation du chat sont causes de diabète, d’obésité, alimentent les tumeurs, produisent des selles volumineuses et mal odorantes, et distendent les intestins au fil du temps.
Un petit tour d’horizon des croquettes « de vétérinaire » pour chats diabétiques : elles contiennent entre 19 et 23% de glucides… Cherchez l’erreur ?

Un autre chiffre doit alerter : Humidité : 7 % ! 

 
C’est dix fois moins que l’alimentation naturelle du chat ! En comparaison, les pâtées contiennent en moyenne 80% d’humidité, soit un peu plus qu’une proie : ce régime paraît plus adapté : par nature, le chat, sans doute originaire du désert, tire l’eau de son alimentation et ressent peu la soif. Une étude française du Professeur Bernard Marie Paragon, ENV Alfort, agrégé de nutrition, a démontré qu’un chat nourri aux croquettes ne boit jamais l’équivalent en eau, de l’humidité manquant à son aliment.
Cette donnée met directement en cause l’alimentation sèche - même s’il existe d’autres facteurs - dans l’insuffisance rénale et les maladies du bas appareil urinaire tels que les cystites, et cristaux.
Le rôle de l’aliment sec est également évoqué dans les phénomènes inflammatoires gastro intestinaux.

Où sont les protéines… et quelles protéines ?

Le pourcentage de protéines indiqué ne dit pas tout. Si l’on prend un vieux soulier, l’on obtiendra un taux de protéines significatif, cela ne signifie pas que l’ingrédient est nutritif, encore moins qu’il est digeste ! Ainsi, les « sous-produit animaux » (pattes, becs et autres déchets de nos abattoirs) listés dans les ingrédients, ne sont pas des aliments de qualité…
Quant au soja, qui a fait son apparition dans les formulations hypo allergéniques, il ne possède pas la moindre valeur nutritive pour le félin.

Carnivore, strict.

Le chat tire son énergie, et ses nutriments des protéines et des lipides d’origine animale. Il est connu aujourd’hui que son organisme ne sait pas transformer les vitamines d’origines végétales (ainsi, la carotte ne lui apporte aucune vitamine A, qu’il tire en revanche du foie de ses proies), les acides gras EPA et DHA des omégas 3 des huiles végétales ne sont pas assimilées (les huiles de krill ou de poisson sont préférables à l’huile de lin).
Si tous les légumes ne sont pas nocifs (le potiron en purée, la courgette, sont surtout sources d’humidité dans la ration) leur apport en glucides soit être surveillé. Leur apport en fibres est limité en petites quantités. En revanche, les légumes peuvent fermenter, d’autant que l’intestin n’est pas apte à leur digestion, et produire des selles volumineuses et odorantes. En outre, les légumes vert foncé comme les haricots, mais aussi les carottes, contiennent des oxalates, pouvant en excès favoriser les calculs…

Voulant bien faire, l’homme moderne abreuvé des messages nutritionnels à son attention (mangez des céréales, 5 fruits et légumes par jour…) a imposé au chat un régime qui n’est pas le sien… L’industrie, le marketing sont aussi passés par là ! Si l’évolution a doté le chien domestique d’une plus grande tolérance alimentaire, notre panthère demeure un être à part.

Quelle alimentation choisir ?

Armé des fondamentaux sur les ratios nutritionnels du chat, nous pouvons donc enfin exercer notre choix ! Malheureusement pour beaucoup, un aliment de qualité n’est pas le plus économique… Il existe de très nombreuses façons de nourrir son chat, et de fait, les maîtres sont souvent réticents à changer…
« On a toujours fait comme ça », « mon vétérinaire dit que… », « c’est plus pratique comme ça !»
Citons :
Les restes de table : nos grands-parents faisaient ainsi ! Ces repas occasionnent de sérieuses carences. Néanmoins, souvent à la campagne, le chat de la maison chassait aussi les oiseaux et les mulots…

L’alimentation sèche de supermarché :  souvent le bas de gamme, même si le sachet est joli ! Beaucoup de sous-produits, et un ratio - à calculer - protéines/glucides défavorable.

Les pâtées de supermarché :  idem, mais avec l’avantage de l’humidité.

Les croquettes « de vétérinaire » :   Calculez votre ratio, que dit-il ? Le plus faible taux de glucides est tombé à 18% chez une grande marque qui a récemment découvert le « sans céréales » ! Mais met tout de même du riz …
Les taux de vitamines et minéraux sont plus fiables dans ces aliments, mais ce sont toujours des suppléments ajoutés après les très hautes températures du process industriel.

Les aliments « sans céréales » :  vendus en magasin ou sites spécialisés, ils ne sont pas forcément sans glucides ! cherchez les légumineuses, pois, et autres riz ou patates, calculez le ratio !

La ration ménagère improvisée :  du filet de poulet ou du poisson, méli-mélo de légumes… c’est le repas le plus déséquilibré ! S’il représente plus de 10 ou 15 % du quotidien, il entraîne des carences diverses. Un chat en liberté ne mange pas du filet, mais un animal entier : cerveau, abats, os ! qui apportent un équilibre en minéraux, vitamines et un ratio parfait.

La ration ménagère avec supplément vitaminé :  généralement cuites, la plupart des recettes proposées contiennent des légumes et féculents. Les complexes vitaminés viennent compenser l’absence d’os (calcium) et d’abats. Cependant, le ratio calcium/phosphore de ces suppléments ne tient pas compte des apports très différents contenus dans les différentes viandes à disposition… A l’arrivée, l’équilibre en minéraux est donc incertain.

Le cru :  cette ration ménagère vise à reproduire le plus fidèlement possible la composition naturelle d’une proie. Elle comprend des morceaux à mâcher, préparés au préalable et congelés dans des sachets : on y trouve environ 10% d’abats, 10 % de petits os entourés de 80% de viande. L’argument est de proposer au chat le plus de nutriments naturels, et non artificiels ! Certains peuvent néanmoins y être ajoutés comme la vitamine E pour une meilleure conservation, de la taurine (qui peut se dégrader un peu au congélateur), de l’iode, un complexe de vitamines B... L’équilibre nutritionnel ne se trouve pas forcément dans chaque portion, on cherche le plus souvent à l’atteindre sur plusieurs jours. La transition vers le cru en morceaux peut être un défi pour un chat adulte qui n’y est pas accoutumé !

Le cru passé au hachoir :  des proportions très précises des mêmes aliments et vitamines sont passées au hachoir à viande, et soigneusement mélangées : à la différence des morceaux, elles garantissent l’équilibre de chaque bouchée, et empêchent le chat de « trier » ce qu’il aime ou non. Cette ration (qui peut au début être mi- cuite) est aussi plus facile en transition.
La critique des puristes est qu’elle ne permet pas au chat de mâcher, mais on peut y ajouter des morceaux. Le fait de hacher la viande et donc l’exposer brièvement à l’air entraîne aussi une légère déperdition de certains nutriments, l’ajout de ceux-ci en poudre (gélules), bien calculés, permet cependant d’y remédier.
Notons que l’ajout de suppléments semble incontournable dans la ration crue la mieux formulée : en effet, les proies sauvages sont bien plus riches nutritivement que nos animaux d’élevage industriel, et même bios !
Beaucoup de vétérinaires tentent de détourner les propriétaires de ce mode d’alimentation, prétextant un risque de contamination microbienne. C’est méconnaître l’acidité légendaire de l’estomac du félin, qui ne se promène pas dans la nature avec son petit réchaud…
Quelle qu’elle soit, la ration ménagère demande sérieux et précision. Sa composition doit être adaptée en cas de maladie. Sans être compliquée, elle demande de la disponibilité, et un grand frigo/congélateur !

Enfin, l’alimentation mixte :  croquettes et pâtée, pâtée et ration ménagère… ce mode d’alimentation est de plus en plus fréquent, et très utilisé en transition. Attention toutefois, à ne pas donner ensemble ces aliments, dont la nature impose un mode de digestion tout à fait différent.

Éclairé aujourd’hui par de nombreuses sources d’informations, le maître du chat, responsable, peut exercer son esprit critique, observer, remettre en question, comme il le ferait pour lui-même ! Le choix de l’aliment lui revient alors, en fonction de son temps et de ses moyens….

La transition alimentaire :


Le chat, carnivore spécialisé, n’a pas notre facilité à changer de menu ! Sa digestion souffre des changements brutaux, et un changement d’aliments doit se faire progressivement, sur plusieurs semaines, sous peine de lui infliger des diarrhées. Celles-ci découragent beaucoup de propriétaires, qui concluent que « cet aliment ne lui convient pas ! ». En réalité la substitution (ou l’ajout) doit d’abord se faire à 15%, puis un peu plus chaque 2 ou 3 jours…
Ceci est aussi valable d’une croquette à une autre, si les taux de protéines, lipides et glucides sont très différents !
Ainsi, les humains de la famille doivent être patients. Surtout, lorsque le félin fait la fine bouche ! Ainsi, le passage aux pâtées peut être plus ou moins bien accepté : ne pas se décourager, acheter d’abord en petits conditionnements (100g ou moins). Ce que le chat difficile peut bouder avec insistance aujourd’hui sera peut-être son aliment préféré dans quelques semaines ! Ce n’est qu’avec un peu de temps que l’on voit ce qu’il n’apprécie vraiment pas.

Le passage au cru est plus facile après une transition aux pâtées, puis au mi- cuit. Mais certains chats sont naturellement très attirés vers le cru ! Cela dépend donc de l’animal. Celui qui veut abolir les croquettes sera bien inspiré de ne laisser aucun sachet à la maison à la fin de la transition ! Le chat, accro aux additifs qu’elles contiennent, sentira la moindre croquette cachée dans la maison…

L’alimentation pour chats malades:

Il est impossible de conseiller à tous telle pâtée (formidable) ou telle recette (équilibrée !) En effet, si votre chat est souffrant, ou bien âgé, il y a de fortes chances que ses maux impliquent une réadaptation de son alimentation !
Pour exemple, problèmes rénaux, ou urinaires nécessitent une alimentation humide, et des taux de minéraux bien spécifiques, sous peine d’entretenir ou d’aggraver ses maux.
Un chat souffrant de problèmes de foie ou pancréas doit impérativement se nourrir de protéines très digestes, humides, peu diversifiées et d’excellente qualité, avec peu de lipides, et moins de glucides.
Un chat obèse ou diabétique doit abandonner les croquettes pour un aliment humide moins calorique et à faible valeur glucidique. A poids égal, une croquette est en moyenne quatre fois plus calorique qu’une pâtée !
L’alimentation est souvent est souvent en cause dans de nombreuses affections. Lorsque le chat tombe malade, elle est souvent aussi le premier levier pour un retour à l’équilibre !


Delphine Bez,  Grand Reporter à France Télévisions.

Corespondance de Delphine le 24 décembre :

"Venez rejoindre le forum ami http://www.nutrition-chat-chien.org/forum/ pour y partager les discussions sur l'alimentation ! Il y a beaucoup d'alternatives aux croquettes, et il vaut mieux bien s'informer avant de se lancer dans une transition alimentaire ! L'article du blog "alimentation féline" donne en effet les informations de base avant de se lancer" 




Plantinga EA, Bosch G et Hendriks WH. « Estimation of the dietary nutrient profile of free-roaming feral cats: possible implications for nutrition of domestic cats ». Br J Nutr. 2011 Oct

mercredi 30 novembre 2016

Hyperthyroïdie féline

Arnaud Veto

L'hyperthyroïdie féline



« L'hyperthyroïdie féline est la maladie endocrinienne la plus fréquente dans l'espèce féline et touche selon les études 8,9 à 11,4 % des chats âgés » (1).
Elle est liée dans plus de 95 % des cas à une tumeur sécrétante bénigne (adénome) et exceptionnellement à une tumeur maligne contrairement au chien (2).


Les symptômes :


Souvent à son début, l'hyperthyroïdie chez le chat se manifeste par un changement de la voix qui devient plus rauque, son poil devient piqué, des troubles digestifs apparaissent....


-une perte de poids
-une certaine nervosité qui peut aller jusqu'à l'agressivité, accompagnée d'une hyperactivité-nocturne-.
-une polyphagie : appétit augmenté
-un syndrome polydipsie-polyurie : soif augmentée comme l'émission des urines.
-des troubles digestifs comme vomissements et diarrhée.
-des troubles de la régulation thermique : la chaleur est mal supportée.
-des anomalies cardiaques notamment de la tachycardie, présence d'un souffle cardiaque parfois.
-une insuffisance rénale secondaire : à surveiller.
-d'autres symptômes moins fréquents comme des hémorragies oculaires et des troubles respiratoires.


Le diagnostic :


-La clinique observée permet une orientation médicale en direction de cette affection.
Elle peut être validée par la présence d'un nodule en région cervicale.
-L'échographie permet de mettre en évidence la tumeur et de réaliser un bilan d'extension local.
-Le laboratoire va permettre de poser un diagnostic de certitude avec le dosage de la T4 basale et éventuellement de la TSH.
-La scintigraphie permettra de localiser les tissus sécrétants et d'éventuels tissus ectopiques cervicaux ou médiastinaux.

Les traitements :


1)- classiques :


Trois options sont envisageables :

-La chirurgie consiste à, l'ablation de la tumeur.
-La radiothérapie à l'iode radio-actif (131) dans un établissement spécialisé comme l'Ecole vétérinaire d'Alfort. Cela nécessite une hospitalisation de 15 jours. Il n'y a que peu de complications ou d'hypothyroïdie secondaire. Cependant cette méthode est onéreuse.
-Le traitement médical : il consiste en l'administration de médicaments anti thyroïdiens qui seront donnés à vie.
Deux molécules sont actuellement disponibles :

-Le Thiamazole (Felimazole) :

Il est prescrit au début à la dose d'un comprimé à 2,5 mg matin et soir et nécessite de surveiller les fonctions rénales et hépatique ainsi que la NF au bout de quelques semaines de traitement.
Il peut être la cause de perte d'appétit et parfois de vomissements (15 % à 20 des cas selon les auteurs) de troubles cutanés comme du prurit et la formation de croûtes sur le crane et le cou. (2 % des cas). Tous ces effets secondaires disparaissent avec l'arrêt du traitement.

-Le Carbimazole (Vidalta) :

C'est un précurseur du Thiamazole
La posologie initiale est d'un comprimé à 15 mg par jour.
Comme effets indésirables parmi les plus fréquents : des vomissements, de la diarrhée (10 % des cas) une baisse d'appétit, de la tachycardie , des perturbations de la NF et parfois des troubles dermatologiques (prurit).

Ces médicaments sont à éviter en cas d'hépatite primaire grave, de diabète sucré, d'une maladie auto-immune ou des perturbations du sang (thrombopénie, anémie, leucopénie...).
De même en cas de gestation et d'allaitement.

2)- de phytothérapie :




- Lycopus europaeus TM :

Le lycope (Lycopus europaeus, L. virginicus) est probablement la plante la plus efficace pour diminuer l’activité de la thyroïde (3) C’est une lamiacée vivace qui se trouve  dans les lieux humides, les bords des cours d’eau, les marécages et les fossés humides. 
Cette plante est en teinture-mère. 
La posologie chez le chat est d'une goutte par kg et par jour : à répartir en 2 prises.
En raison de la présence de l'alcool, ce médicament doit être dilué dans un peu d'eau.




Pour information, une spécialité canadienne "Thyroïd Support Gold en contient avec d'autres plantes mais je n'ai pas l'expérience de ce remède (5).



3)- d'homéopathie :


-Iodum :

L'iode est indispensable pour le fonctionnement des hormones thyroïdiennes.
Des intoxications à l'Iode ont montré des symptômes caractéristiques de l'hyperthyroïdie.
Il est donc capable de traiter ces mêmes troubles quand il est prescrit en doses infinitésimales par le principe homéopathique de la loi de similitude. « Iodum s'avère fidèle dans son action » (4).
Il pourrait être prescrit en 5 CH ou 9 CH à raison d'une prise de 3 granules matin et soir.
Ses dérivés (Arsenicum iodatum, Calcarea iodata, Kalium iodatum, Natrium iodatum, Sulfur iodatum) peuvent être aussi utilisés en fonction de la pathogénésie observée.
Natrum muriaticum peut être complémentaire en présence d'un chat maigre et constipé.

-Thyroïdinum ou Thyroïdea :

C'est de l'extrait de la thyroïde prélevé sur des animaux de boucherie.
Il est surtout utilisé en basses dilutions (5 CH) en cas d'hypothyroïdie pour stimuler la glande.
En théorie, les hautes dilutions devraient être freinatrices,mais cette action n'est pas toujours ici observée. Donc prudence car  les hautes dilutions de Tyroïdinum  sont parfois stimulatrices (4): se limiter à 9 CH.

-Chromium sulfuricum 7 CH : en cas de tachycardie, exophtalmie et faiblesse musculaire avec parfois des troubles moteurs : 3 granules , 2 fois par jour.

_Lycopus virginicus 7 CH : exophtalmie, tachycardie importante avec un coeur irrégulier avec  tendance à la diarrhée : 3 granules, 2 fois par jour.

-Vespa complexe Lehning n°46 :

Ce complexe homéopathique contient  aussi du Lycopus virginicus et aussi des composés iodés comme Arsenicum album et Kalium iodatum..
Le solvant étant de l'éthanol à 47 % il est difficilement utilisable chez le chat



Cependant, je connais des confrères qui l'utilisent à la posologie d'une goutte par kg de poids à répartie en 2 prises quotidiennes.

  • Médicaments complémentaires :

    -Cardine 5 CH :
Les chats atteints d'hyperthyroïdie présentent souvent des troubles cardiaques.
Un médicament d'organothérapie Cardine 5 CH peut être alors prescrit en complément du traitement.

       -le Sérum d'anguille 5 CH :

En raison d'une hypertension, les chats hyper-thyroïdiens sont souvent en insuffisance rénale. Ce médicament sera donné matin et soir à raison de 3 granules par prise. Un contrôle régulier de la fonction rénale est recommandé (1).



Pour conclure, en plus de ces traitements, qu'ils soient allopathiques ou phyto-homéopathique, il est bon de prévoir une alimentation pauvre en iode, cet oligoélément étant nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Les aliments les plus riches en iode sont à éviter :  le sel, les produits laitiers (fromages), le jaune d'oeuf, la charcuterie (jambon) les poissons de mer (morue fraiche, sardines, maquereau, saumon fumé...) et les crustacés (crevettes dont les chats sont souvent friands!)..
La maison d'aliments Hill’s a formulé une nourriture carencée en iode : le YD prescription Diet.

Bibliographie sommaire :


(1)- Gérer l'hyperthyroïdie par Miguel Campos . La Dépêche Vétérinaire du 28 novembre 2016.
(2)- Dictionnaire Pratique de Thérapeutique du Dr Robert Moraillon et col. Editions Elsevier Masson
(3) -Moore, Michael, « Specific Indications for Herbs in General Use » (3ème édition ).
https://www.altheaprovence.com/blog/hyperthyroidie/
(4) -Homéopathie : connaissances et perspectives des Drs A. Horvilleur et col. Editions Elservier Masson.
(5)-Soignez HyperThyroïdie Chat Chien Naturellement - Soignez Votre ...
http://www.soignezvotreanimalaunaturel.com/soignez-naturel-hyperthyroidie-chat-chien

Témoignage de Citizène 1 (23/02/2018 :

"...je lui avais parlé de la formidable action combinée de Iodum et Lycopus découverts dans vôtre article très complet sur l'hyperthyroïdie, qui sur Titi avaient fait descendre son tx de T4 de 230 à 60 en une semaine (!)...

jeudi 11 février 2016

Homéopathie et cancers chez les carnivores


Carcinome à l'oreille
 «L'utilisation de l'homéopathie en cancérologie a doublé ces 4 dernières années... ; 400.000 personnes bénéficient actuellement d'un traitement complémentaire homéopathique en cancérologie en France... » tels sont les propos du Dr J.L Bagot, médecin qui exerce notamment dans un service de soins palliatifs à Strasbourg.



L'homéopathie ne peut pas à elle seule traiter les affections cancéreuses.

Elle est cependant un complément de traitement intéressant pour limiter les effets iatrogènes de la chimiothérapie et aussi restaurer une immunité, malmenée par la chimiothérapie.



I)- L'acte chirurgical :



Souvent le traitement d'un cancer commence par un acte chirurgical qui est une d'agression pour l'organisme....



a)- Prescriptions avant l'opération :



-Prévenir le sentiment d'abandon et de peur de l'animal : Gelsemium 30 CH : un tube-dose* la veille au soir de l'opération, et le lendemain matin au réveil.

-Prévenir le traumatisme chirurgical, le choc opératoire, la douleur : un tube-dose d'Arnica 9 CH, la veille au soir de l'opération.

-Prévenir des saignements per opératoires : un tube-dose de China Rubra 9 CH, la veille au soir de l'opération.



b)- Prescriptions après l'opération :



-Traiter les effets secondaires de l'anesthésie, l'état nauséeux, la constipation : Opium 5 CH granules : une prise, à renouveler si nécessaire.

-Traiter les effets secondaires de médicaments allopathiques ( analgésiques...) : un tube-dose de Nux vomica 15 CH

-Traiter les hématomes et les pertes de sang pendant l' opératoire  : China rubra 5 CH + Arnica 5 CH : 3 prises** / jour.

En cas d'hémorragies, ajouter Phosphorus 5 CH (sang rouge) ou Hamamelis 5 CH (sang foncé) :en prises, à renouveler selon le résultat obtenu.

-Accélérer la cicatrisation (plaie linéaire) : Staphysagria en échelle : 7-9-12-15 CH, un tube-dose par jour.

Depuis 3 ans, le Dr JL Bagot, médecin homéopathe au Groupe Hospitalier Saint Vincent de Strasbourg, conseille de donner Okoubaka 4 CH, le jour et le lendemain de chaque chimiothérapie, à raison de 3 prises par jour. Il dit à ce sujet :
"Si l'indication principale est la prévention et le traitement des toxi-intofections alimentaires, des empoisonnements chimiques, de la diarrhée du voyageur et des séquelles des maladies infectieuses, il trouve toute sa place en soins de support pour prévenir et traiter les effets secondaires de la chimiothérapie".


II)- Les traitements de chimiothérapie :




Les traitements de chimiothérapie sont souvent à l'origine des effets secondaires que l'homéopathie peut atténuer et permet de mieux supporter ces traitements agressifs mais nécessaires.



a)- Troubles hématologiques :



Les cellules sanguines sont détruites par la chimio...



-l'anémie (baisse de globules rouges) :



L'homéopathie peut stimuler la fabrication de globules rouges :

-Meduloss 5 CH : 2 à 3 prises par jour.

-Ferrum Muriaticum 5 CH indiqué particulièrement dans les hémopathies malignes (tumeur de la rate).

-China rubra 5 CH : suite à des pertes de sang. 2 à 3 prises par jour



-La leucopénie (baisse des globules blancs) :



L'homéopathie peut stimuler la fabrication de globules blancs :

-Meduloss 5 CH : 2 à 3 prises par jour.

-Natrum muriaticum 5 CH dans les leucopénies dues à la chimiothérapie : 2 prises par jour.



La thrombopénie (baisse des plaquettes sanguines) :



L'homéopathie peut stimuler la fabrication des plaquettes :

Meduloss 5 CH : 2 à 3 prises par jour.

-Crotalus horridus 5 CH en complémentaire : 2 à 3 prises par jour.



b)- Troubles digestifs :



Les cellules du tube digestif sont perturbées par l'action des médicaments administrés par voie orale....



-Nausées et vomissements alimentaires : Nux vomica 5 CH, 2 à 3 fois par jour.

-Ballonnements de l'abdomen, diarrhée épuisante post prandiale : China 5 CH

-Dégoût de la nourriture, langue pâteuse, blanchâtre : Antimonium crudum 5 CH , 2 à 3 fois par jour.

-Digestion longue et difficile, amaigrissement et ictère : Chelidonium 5 ch et Lycopodium 5 CH, 2 à 3 fois par jour.

Il existe aussi la formule : Chélidonium composée de Boiron.

-Constipation  avec des intestins bloqués : Opium 9 CH, 3 prises par jour.

-Diarrhée :

*selles fétides, aqueuses : Podophyllum 5 CH , à renouveler toutes les heures !

*selles après avoir mangé ou bu, insécurité du sphincter anal : Aloe 5 CH , 3 prises par jour.

Il existe aussi la formule Aloe composé de Boiron.

*diarrhée très liquide, épuisante : China 5 CH, toutes les 2 heures jusqu’amélioration.

Il existe aussi la formule China complexe n° 107 de Lehning.



c)-de dermatologie :



La peau est un émonctoire qui va éliminer les médicaments et substances étrangères à l'organisme au même titre que le foie, les reins, l'intestin, les poumons...

Et cela peut se traduire par des démangeaisons...



Pour traiter le prurit (les démangeaisons) :

*Apis mellifica 15 CH : œdème de la peau, type urticaire, amélioré par des applications d'eau froide. A donner toutes les heures jusqu'amélioration.

*Urtica urens 5 CH : urticaire généralisé, aggravé au contact de l'eau froide . Trois prises par jour.

*Poumon-histamine 15 CH en alternance avec Apis 15 CH, toutes les heures, pour toutes allergies.


Vérifier aussi le bon fonctionnement du foie car les problèmes de peau sont dues souvent à un foie défaillant...
Les médicaments de la chimiothérapie sont métabolisés par les enzymes du foie (les cytochromes hépatiques).

Pensez à donner un traitement hépato-protecteur comme: Chelidonium 4 DH + Carduus marinus 4 DH + Taraxacum 4 DH + Solidago 4 CH (ââ), pour assurer un bon drainage après tout traitement durant 4 à 5 jours.



Une pommade à base de Calendula peut être appliquée localement à cause de ses propriétés antiseptiques, adoucissantes et cicatrisantes.



d)- rénale :



Nettoyer et protéger le filtre...



Pour soutenir la fonction rénale défaillante : Rénine 5 CH, 2 prises par jour.

Pour traiter l'insuffisance rénale : Sérum d'Anguille 5 CH : 2 à 3 prises par jour.

Comme traitement de fond : Mercurius solubilis 9 CH : une prise par jour ou en 15 CH, un tube-dose par semaine.



e)- baisse des défenses immunitaires :



Rapidement, l'organisme se trouve sans défense !



- Thymuline : elle intervient dans le processus de fabrication des lymphocytes T qui jouent un rôle important dans la défense de l'organisme :

-soit en 5 CH, 7 CH, : 2 prises par jour.

-soit en 9 CH : une dose par semaine.

-L'ADN et l'ARN : ils présentent un effet positif sur l'état général. Ils préviennent les leucopénies, les anémies, favorisent la cicatrisation des plaies... : en 5 CH, 7 CH, 9 CH, en prises matin et soir durant un mois environ.

-Silicea: il agit sur les infections suppuratives et sur la leucopénie : en 9 CH : un tube-dose par semaine.





f)- de la cortico-thérapie :

La plupart des traitements de chimiothérapie sont accompagnés de corticoïdes pour améliorer la tolérance et éviter les réactions allergiques.
Cela peut être à l'origine d'une baisse des défenses immunitaires, d'une hypertension, d'une prise de poids, d'un diabète....
Pour limiter ces risques, Cortisone 5 CH peut être ajouté au traitement allopathique : 2 prises par jour. 
En cas d'un traitement de cortico-thérapie plus long, donnez Thuya 15 CH à raison d'un tube-dose par quinzaine. 






g)- l'hétéro-isothérapie de la chimiothérapie :



Ces dilutions homéopathiques de la substance administrée permet de limiter les intolérances médicamenteuses.

Il existe donc des isotherapiques de Cisplatine, Fluorouracile, doxorubicine, cyclophosphamide, chlorambucil...

Habituellement, elles sont prescrites en 7 CH, une fois par 
jour.

h)-Traitements homéopathiques complémentaires :(la Lithothérapie déchélatrice) :



-Monazite DH 8 :



Ce minerai radio-actif apporte à l'organisme un ensemble de métaux rares (Cérium, lanthane,Ytrium, uranium...).

Il est indiqué dans toutes les formes de cancers, même avec métastases, et dans les leucopénies : 2 prises par jour.



-Argent natif DH 8 :



Il présente des propriétés anti infectieuse, anti inflammatoire et antalgique : 2 prises par jour.



-Galène DH 8 :



Riche en plomb, il est indiqué dans les états cancériniques ( du rein notamment) : 2 prises par jour.

Une indication personnelle : lymphomes digestifs du chat Monazite argent + Galène en DH 8.
Il est conseillé de donner séparement ces médicaments séparément  dans la journée.


Pour information : 

-*Un tube-dose (de globules) : à donner en totalité.
-**Une prise correspond à 3 à 5 granules. 

 





Conclusion :



L'homéopathie bien prescrite permet de soutenir et d'améliorer l'état général durant les traitements de chimiothérapie, tout en diminuant les effets secondaires.

L'absence d'interaction médicamenteuse avec les traitements du cancer lui procure une grande sécurité d'emploi.

Son absence d'effets secondaires et son faible coût plaident aussi en sa faveur.



Bibliographie :



-Bagot J.L (médecin)

Utilisation de la phytothérapie diluée et dynamisée dans les soins de support oncologiques au Groupe Hospitalier Saint Vincent (revue "La phytothérapie Européenne" n° 95 décembre 2016). 

Cancer et homéopathie guide pratique (Unimedica éditions 2012).

Utilisation des hétéro-isothérapies en cancérologie  (la revue d'homéopathie Juin 2010).

-Dr Alain Dumas et Dr Eric Ménat (médecins) :

Un accompagnement qui change tout (Editions la Source Vive).

-Quenoun A.C (pharmacien) :

Homéopathie : guide pratique (Quotidien Malin éditions 2010).

-Roux D (pharmacien) :

L'apport de la phyto-aromathérapie en oncologie d’accompagnement (revue "La phytothérapie Européenne" n° 95 - décembre 2016).
 

-Tetau M et Sciemeca D (médecins):

Nouvelles cliniques de lithothérapie déchélatrice (Similia éditions 1997).

-Issautier M.N (vétérinaire) :
Guide pratique d'homéopathie (le Point Vétérinaire, éditions 2014).

-Arnaud S (vétérinaire) : 
    
Immunité et homéopathie : arnaudveto.blogspot.com/2012/12/limmunite-et-homeopathie.html

Cancers et dénutrition  :arnaudveto.blogspot.com/2011/10/cancers-et-denutrition-chez-les.html